Qui en veut au Ministre Benoît Sambou? (Lamine Aysa Fall Ndiaye)

Lamine Aysa Fall Ndiaye

A qui profite cette diversion?

Il est des moments dans la marche d’une nation où les fils doivent se sentir unis pour un seul objectif. Il est des instants dans l’évolution d’une république où, les cœurs et les esprits ne doivent  converger que vers un unique but. Mais, il est aussi des moments où les femmes et les hommes d’un même et unique peuple doivent mettre fin aux caresses dans le sens des poils, se regarder dans le blanc des yeux pour se dire enfin les vérités. Du moins, celles qui sont justes à dire.

Le Sénégal, notre pays, est véritablement aujourd’hui à la croisée des chemins. En mettant fin à douze longues et pénibles années de gestion pseudo-libérale, le peuple dans son écrasante majorité a décidé de tourner le dos au régime du Parti Démocratique Sénégalais. Il était évidemment important de montrer le processus de putréfaction du cadavre du régime autocratique, ostentatoire et dispendieux desWade, mais nous avions choisi en son temps de le faire dans un autre texte que nous avions intitulé « Parachevons l’alternance ». Nous avons préféré ici et maintenant, dans un esprit de réveil et de veille, nous interroger sur les agissements de certaines personnes tapies dans l’ombre, et,  par la volonté d’un prince déchu se trompant de bataille, font le pari (perdu d’avance) de pourfendre la marche victorieuse de la force du peuple sénégalais symbolisée par le gouvernement du Président Macky Sall. Cela veut simplement dire que si les individus ont été démasqués et leurs plans machiavéliques déjoués, il en reste encore d’autres discrets, mais dont le dessein est de poursuivre la même ignoble besogne de sucer le sang du pauvre paysan sénégalais déjà lourdement malmené par la dégradation de son pouvoir d’achat.

Comment pouvons-nous continuer à nous taire devant tant de méchanceté et d’ignorance ? Ceux qui viennent de frapper en cette matinée du vendredi 13 juillet ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils croient avoir tiré le coup du siècle, ils se vautrent dans leurs fauteuils soyeux et douillets, attendant la fin du combat. Hélas ! Il ne fait que commencer.

Notre but n’est pas de défendre un homme, mais un système que nous avons bien voulu mettre en place le 25 mars 2012. Nous ne prenons pas  la défense du ministre agressé à tort, car il sait tellement bien le faire, mais nous cherchons à jouer au mieux notre rôle de sentinelle de l’alternance. Au-delà du Président de la République élu par la majorité des sénégalais, nous étendrons ce bouclier à tous les membres de son gouvernement. Notre conviction est que tous les ministres qui oseront les vraies ruptures seront vilipendés et salis dans la presse s’ils veulent apporter les changements nécessaires au décollage de notre économie dans toute sa globalité.

Pourquoi un ministre de la République est-il sauvagement  attaqué dans sa chair et dans son sang de façon aussi singulière, sans hésitation ni vergogne par une bande d’affairistes insatisfaits? La réponse toute simple est lisible à travers l’audace de l’homme à appeler à une nouvelle conception de la gestion de notre agriculture. Une autre peut se lire à travers la guerre sans quartier que Monsieur Sambou a décidé de livrer contre les intérêts des puissants lobbies  politico-affairistes, véritable plaie de notre agriculture.

Comment peut-on révolutionner une activité qui mobilise plus de 70% de la population sans procéder à la « pulvérisation et dératisation » de ce secteur ?

Tout d’abord, ce papier honteux pour un Sénégal de 2012, paru dans un journal du groupe de presse appartenant à Monsieur Youssou Ndour, un autre ministre de la République nous pose des soucis à un double niveau : éthique d’abord  et cohérence interne ensuite.

Au niveau éthique, des insanités ont été déversées sur un homme qui a fait le choix très tôt de se mettre au service de ses semblables. Allant de sa famille à ses amis, sans même laisser les quatre coins de la chambre conjugale, rien n’a échappé à la plume maléfique de ses détracteurs. Ils n’ont pas hésité à utiliser dans leur sale besogne, des femmes (l’une journaliste et l’autre mère de famille) qui n’ont rien compris du sens de leur participation à ce honteux débat.

Au plan de la cohérence interne, beaucoup de questions échappent à notre contrôle. Comment peut-on publier un article sur un ministre jugé presque « analphabète », « inculte » chez notre ami Youssou Ndour, Ministre de la Culture et du Tourisme ? Comment le Ministre Ndour a-t-il laissé passer cette bévue à la taille d’un mammouth sans sévir, au nom de la stabilité et de la solidarité gouvernementale ?  Lui-même n’a-t-il pas été le premier à essuyer des tirs groupés  venant de ces personnes? Pour cet épisode de la nomination de M. Ndour, nous l’avions défendu en son temps dans un article intitulé « Quel sens donner à l’élection de Macky Sall ? », simplement parce que nous avons connu de grandes figures de l’histoire de l’humanité non diplômées. Ronald Reagan aux USA en 1981, Lesh Valesa en 1990 en Pologne (électricien), Luiz Inacio Lula da Silva au Brésil…pour ne citer que ceux-là. D’ailleurs Youssou Ndour lui-même, on s’en souvient, avait déployé tout son groupe de presse pour s’auto-défendre. Nous estimons par conséquent, qu’une telle feuille de chou n’aurait pas dû trouver un écho favorable dans un journal de son groupe.

En tous les cas, les coups portés ce jour à Monsieur Benoît Sambou, Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement Rural, relayés par une presse pistolet ne resteront pas sans conséquences. La riposte nécessaire, à la mesure de l’agression sera apportée le moment venu, car pour l’instant le principal intéressé tient à garder le cap, et se concentrer sur l’essentiel de sa mission régalienne, constitue sa principale préoccupation. Nous avons pourtant la conviction que les coups ne cesseront pas et le ministre Benoît Sambou a fini de s’y préparer. Il sait que pour réussir sa mission qui est de traduire la vision du Président de la République en actes, il lui faut faire le grand toilettage du secteur de l’agriculture, afin de le débarrasser de tous ces parasites qui continuent de le gangréner. Ces injures ne font que le renforcer du fait de sa ténacité et à sa persévérance. Il reste persuadé que ceux qui se nourrissent et s’enrichissent sur le dos du paysan ne sentent même pas l’odeur de la terre. Il sait que s’il accepte d’octroyer des marchés de plusieurs milliards à des affairistes soutenus par des lobbies, il finira par couler le navire et qu’il sera aussi tenu pour responsable. C’est pourquoi, en posant certains actes de grandeur et en s’attaquant aux intérêts gargantuesques de ses agresseurs, il savait qu’il les expulsait du coup de leur zone de confort. Mais, ils ont maladroitement commis leur forfait  tellement ils étaient dans la précipitation. En une seule fois, ils ont eu la malchance de déverser les pires choses imaginables chez le ministre de l’Agriculture. Qu’ont-ils à dire de plus, sinon constater leur propre échec ?

Mais, comment ne pas rester admiratif face au parcours de cet homme que tout prédisposait à l’échec, mais qui a su transcender ces étapes en faisant un choix de vie courageux, mais productif. On ne l’attaque pas sur sa gestion ou ses options stratégiques, on préfère le salir.

Maintenant, l’initiative est revenue au jeune fromager du Kalunaay, l’homme-espoir de toute la région naturelle de la Casamance. Désormais, il lui appartiendra de conduire les batailles, et de déclencher les hostilités à chaque fois qu’il le jugera opportun.

En tout cas, certains noms sont déjà sortis dans les prises de parole, et des personnes s’y sont identifiées. Alors, elles ont vraiment du souci à se faire, car le combat n’a pas encore démarré qu’elles sont démasquées. Qu’elles se le tiennent pour dit, le jour où les hostilités démarreront vraiment, il n’y aura plus de place au cessez-le-feu.

Lamine Aysa Fall Ndiaye

Coordonnateur du C.R.I.E

laminaysafaalnjaay@yahoo.fr

 

2 commentaires

  1. reflexion pertinente….et c’est un article que tout le peuple sénégalais devrait lire….

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