Islamophobie au Sénégal! je rêve? (Lamine Aysa Fall)

RESPECT A KHADIM GUEYE, MAÎTRE CORANIQUE AU DAARA DE NDIAGNE
Ce qui se passe aujourd’hui à Ndiagne (Louga) n’est qu’une cabale de plus contre les fondements de nos valeurs cultuelles. Priver de liberté à un maître coranique parce qu’il a juste fait usage de sanction à l’encontre d’un apprenant est inacceptable. Le « Jéng » (différent de « jeeng » qui signifie pencher) est dans l’enseignement coranique traditionnel un outil didactique contre les fugues. Dès lors toute critique négative basée sur les théories psycho-pédagogiques occidentales ne fera rajouter du flou à l’amalgame qui existe déjà. Notre enseignement islamique traditionnel n’a jamais souffert de ces méthodes qui ont su façonner des hommes forts, responsables et persévérants dans la vie. C’est ce système avec ses méthodes aussi « anachroniques » que «violentes » qui a produit beaucoup de grand intellectuels et d’hommes d’affaires self-made-man de notre pays. Le « Jéng » n’a rien à voir ni avec l’esclavage, ni avec la torture. Il est carrément à l’opposé de la violence symbolique pratiquée avec beaucoup de science dans l’école occidentale et dont l’apprenant ignore totalement le but.
Ce qui se déroule sous nos yeux est hautement politique, et n’est nullement apparenté à la morale. Ce n’est ni plus ni moins une agression de plus contre nos valeurs.
Je tiens à réaffirmer toute ma solidarité et mon engagement auprès du maître coranique Cheikhouna GUEYE Khadim, enseignant au daara de Ndiagne. Cette affaire est une offense à l’endroit de tous les enseignants en langue arabe et du culte musulman en particulier, et aux pouvoirs publics sénégalais en général. Le devoir et l’obligation de préserver UN SENEGAL DE TOUS ET UN SENEGAL POUR TOUS et ses institutions s’imposent à tous les Sénégalais. L’heure de la MOBILISATION a sonné pour tous les citoyens épris d’équilibre social.
J’estime que le débat sur une éventuelle mauvaise qualité des méthodes d’enseignement dans nos « daara » est complétement biaisé, et j’invite les autorités judiciaires à ne pas prendre l’ombre pour la proie. Les principes d’ouverture, de fonctionnement et d’évaluation d’un « daara » échappent au regard de l’autorité administrative et/ou policière.
Je rappelle que l’objectif fondamental visé par nos « daara » traditionnels, au-delà de la maîtrise du coran et des éléments de base d’une culture religieuse islamique, consiste à lire, écrire et calculer en arabe et dans une de nos langues nationales. L’usage de ces mêmes outils pédagogiques permettra à l’apprenant de résoudre les problèmes pratiques de la vie courante.
Pour une paix sociale durable, stabilisée et cohérente, laissons ces deux mamelles du système éducatif sénégalais (l’éducation coranique traditionnelle et l’école française) cheminer ensemble vers l’unique direction de la construction du Sénégalais de demain, qui demeurera chevillé à l’enracinement et à l’ouverture.
LA PLACE DE SERIGNE KHADIM EST AU DAARA

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