La FIFA, la CAF et la finale programmée : une mascarade institutionnelle (LAF)

Il est des matchs qui dépassent le cadre du sport pour entrer dans l’histoire politique, morale et symbolique des nations. Ce que le Sénégal a vécu au cours de cette finale de « CAN marocaine » n’est pas une simple controverse arbitrale, encore moins un rendez-vous sportif ordinaire. C’est le révélateur brutal d’un système footballistique international où l’injustice, la partialité et les calculs géopolitiques continuent de primer sur l’éthique, l’équité et le respect des peuples. Face à cette mécanique bien huilée, les Lions de la Téranga ont dû sortir leur plus grand jeu appuyé par une forte résistance, une protestation et une affirmation de leur dignité nationale.

Du geste puissant du sélectionneur Pape THIAW, refusant l’humiliation en ordonnant le retrait momentané de son équipe, au leadership responsable et patriotique de la légende Sadio Mané, en passant par un arbitrage à géométrie et à VAR variable, et des décisions institutionnelles lourdement orientées, tout concourait à démontrer que le destin sportif du Sénégal était, dès le départ, placé sous le sceau de la manipulation. À cela s’ajoute un traitement logistique indigne infligé à une équipe championne d’Afrique, révélant une volonté manifeste d’affaiblissement psychologique et symbolique.

Les lignes qui suivent sont un acte de vérité, une interpellation des consciences, et un hommage appuyé au courage, au talent et au patriotisme des Lions de la Téranga. Car si les instances peuvent orienter des compétitions, elles ne pourront jamais confisquer l’honneur d’un peuple ni éteindre la flamme d’une nation debout.

Lorsque l’entraîneur du Sénégal intime à ses joueurs l’instruction de se retirer du terrain, le geste dépasse largement le cadre du football. Il s’agit d’un acte politique au sens noble, d’un sursaut national face à l’injustice flagrante, et d’une affirmation claire de souveraineté morale. Dans un football africain trop souvent pris en otage par des décisions opaques, partiales et orientées, ce retrait temporaire fut un cri de dignité, un refus catégorique de se soumettre à l’arbitraire. Contrairement à ce qu’en disaient certains observateurs, ce geste incarnait  la résistance face à l’humiliation, la volonté de dire non à un système qui, trop souvent, demande aux Africains d’accepter l’inacceptable au nom du « jeu ». Or, il n’y a pas de jeu quand les règles sont piétinées. Il n’y a pas de sport quand l’arbitrage devient un instrument de manipulation.

En ordonnant ce retrait, l’entraîneur des Lions nous a rappelé une vérité essentielle : le football ne peut être un espace de domination silencieuse. Mais, Pape a surtout rappelé que le respect ne se négocie pas, il se force. Cette décision courageuse s’inscrit dans la continuité d’une nation qui, sur le terrain comme dans l’histoire, a toujours su se lever lorsque sa dignité était menacée.

Ce moment restera comme un acte fondateur, un signal envoyé à toute l’Afrique pour dire que  les injustices arbitrales ne sont pas une fatalité, et les équipes africaines n’ont plus vocation à être les figurantes d’un spectacle déjà écrit. Ainsi, ceux qui ont déjà encaissé les sous de sa majesté devront s’expliquer devant Son Altesse.

Et dans ce brouillage inattendu, une légende s’est confirmée avec le leadership du gagneur et la responsabilité d’un vrai capitaine Sadio Mané, même sans brassard.

Dans cette séquence de haute tension, la décision de Mané de ramener ses coéquipiers sur le terrain s’impose comme une leçon magistrale de leadership. Loin de contredire l’acte de protestation posé par son coach, ce geste l’élève. Sadio Mané incarne ici le grand leader, celui qui sait quand protester et quand reprendre le combat, non par résignation mais par responsabilité. Pour Sadio, ramener l’équipe sur le terrain, c’était affirmer que le Sénégal ne perdra jamais par forfait moral ou tapis vert, mais par le jeu, en toute sportivité, « comme des hommes ». Ce choix démontre une intelligence stratégique rare. Il fallait justement protester sans se disqualifier, dénoncer les abus arbitraux sans se renier, et mouiller le maillot jusqu’à la dernière goutte de sang, sans céder un seul centimètre carré de terrain.

Mané ne parle pas beaucoup, mais ses actes résonnent plus fort que tous les discours. En meneur exemplaire, il a compris que la plus belle réponse à l’injustice reste parfois la performance, même lorsque tout semble ligué contre vous. Ce leadership gagnant, forgé dans les plus grands clubs et confirmé sur les plus grandes scènes internationales, est aujourd’hui l’un des piliers de l’identité des Lions.

Ce geste restera gravé comme la preuve que le Sénégal dispose non seulement de talents exceptionnels, mais aussi de leaders mûrs, patriotes et responsables, capables de porter le combat collectif au-delà des émotions immédiates. Sadio Mané a rappelé à l’Afrique qu’un bon meneur d’homme est celui qui sait transformer la colère en détermination.

Par ailleurs, ce qui a été à l’origine de tout ce grabuge, ce n’est rien d’autre qu’un arbitrage orienté dont l’objectif apparent serait simplement de fêter la coupe au Palais royal en se faisant aider par une VAR à géométrie variable : le scandale de l’injustice.

Résultat des courses, l’arbitrage de cette finale restera comme l’un des plus controversés et indéfendables du tournoi. Comment expliquer le refus d’un but sénégalais indiscutable sans la moindre consultation de la VAR, alors que cette même VAR est convoquée, juste quelques minutes après avec zèle, pour accorder un penalty favorable au Maroc ? Cette asymétrie flagrante n’est ni une erreur humaine ni une simple maladresse. Elle relève d’un choix délibéré de l’arbitre congolais.

La VAR, censée être un outil de justice, devient ici un instrument de manipulation, activé ou ignoré selon l’équipe concernée. Une telle gestion discrétionnaire ruine la crédibilité du football africain et alimente un sentiment profond d’injustice chez les joueurs, les supporters et les nations.

La bande à Pape Thiaw ne s’est pas opposée à une équipe ; elle a combattu contre un système arbitral biaisé, où certaines décisions semblaient écrites avant même le coup d’envoi. Ce type d’arbitrage détruit l’essence même du sport : l’égalité des chances. Il installe un football à deux vitesses, où certains bénéficient d’une indulgence systémique pendant que d’autres sont pénalisés à la moindre occasion.

Dès lors, le seul acte de vérité qui vaille était de fustiger cet arbitrage à tout prix. Le silence face à de telles dérives serait une complicité. Le Sénégal, par son attitude digne et combative, a choisi de parler pour toute l’Afrique, pour toutes les équipes victimes d’un arbitrage orienté et d’un football confisqué.

C’est à croire que l’acte posé par Pape Thiaw avait fini de contredire tous les plans et toutes les prévisions d’avant match. Et lorsque à la fin, nous avons été informés de la réaction précipitée de Gianni Infantino, pour rassurer on ne sait qui, nous avons compris que le sélectionneur sénégalais venait de frapper là où cela fait très mal à un système, jusqu’ici superpuissant. C’est comme si les institutions du football africaine et mondiale était de mèche dans ce qui semblait être l’organisation d’une finale programmée : une mascarade institutionnelle.

La déclaration partiale et fallacieuse du président de la FIFA, qui condamnait déjà l’équipe du Sénégal, s’inscrit dans une logique plus large : vraisemblablement  tout a été méthodiquement mis en place pour offrir la coupe au Maroc. Du choix des arbitres à l’organisation logistique, rien ne semble relèver du hasard.

D’abord, confier la VAR de cette finale à l’arbitre Gabonais Pierre Ghislain Atcho qui avait sifflé la demi-finale Sénégal–Égypte avec un arbitrage jugé médiocre par les supporters. Ensuite, désigner pour la finale Jean-jacques Ndala Ngambo, un arbitre bien connu de l’équipe du Maroc, était de la provocation. En effet, ce Congolais de 38 ans (officiellement ?) a arbitré les Lions de l’Atlas sept (07) fois (pour six victoires et un nul en faveur du Royaume Chérifien). C’est d’ailleurs lui qui a officié lors du match d’ouverture de cette CAN 2025 remporté par le Maroc face aux Comores (2-0). Le choix de l’arbitre Congolais est donc « un bon souvenir pour l’équipe marocaine » puisqu’il a été l’auteur de prestations notoirement favorables au Maroc. Cela ne suffit-il pas à  lever le voile sur une orchestration manifeste ?

À cela s’ajoute le traitement indigne réservé à la délégation sénégalaise au Maroc : accueil non sécurisé à la gare de Rabat- Agdal, réservation d’un petit hôtel au centre-ville, conditions logistiques en deçà des standards internationaux. Il a fallu que la Fédération sénégalaise « tape sur la table » pour obtenir un hébergement décent. Est-ce ainsi que l’on traite un champion d’Afrique en titre ? Ces pratiques discréditent profondément les instances dirigeantes, notamment la Confédération africaine de football et la Fédération internationale de football association, qui apparaissent ici plus soucieuses de scénarios politiques que d’équité sportive.

En définitive, ce qui semble être la logique de la FIFA et de la CAF pour se dédouaner ne passera pas. Toute velléité de sanction à l’encontre de l’équipe nationale du Sénégal constituerait une erreur grave, tant sur le plan sportif que politique et institutionnel. Punir une sélection qui a réagi à une injustice manifeste reviendrait à criminaliser la protestation légitime et à consacrer un dangereux précédent : celui où les victimes d’un système défaillant seraient tenues pour responsables de ses propres dérives. Une telle décision n’apaiserait rien ; elle radicaliserait les fractures en nourrissant la défiance, et exposerait les instances à une crise de crédibilité durable. Des sanctions contre le Sénégal, reviendrait à envoyer un message clair aux nations africaines : taisez-vous, subissez et acceptez l’arbitraire. Or, aucun football ne peut prospérer sur la peur et le silence. En protestant de cette sorte, l’encadrement des Lions de la Téranga n’était pas dans une logique d’insubordination ou de sabotage de la compétition. Cette protestation relevait d’un droit moral à l’indignation, face à un arbitrage contestable et à des manquements à l’équité répétés. Alors, pourquoi tenir à réprimer ce droit ? L’enjeu réel n’est donc pas disciplinaire, il est structurel. Ce qui menace aujourd’hui le football africain et mondial, ce ne sont pas les équipes qui dénoncent, mais les institutions qui refusent de se réformer ou de se mettre à jour. Il est temps d’ouvrir un chantier courageux de transformation de la Confédération africaine de football (CAF) et de la Fédération internationale de football association (FIFA) : indépendance effective de l’arbitrage, transparence dans la désignation des officiels, usage non discriminatoire de la VAR, garanties logistiques et sécuritaires équitables, et mécanismes de reddition des comptes.

À défaut, chaque sanction injuste deviendra un aveu d’impuissance, et chaque silence institutionnel, une complicité. Le Sénégal n’a pas défié le football : il l’a rappelé à ses principes.

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